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Notre mutilé de l’année 2012

Notre mutilé de l’année 2012.

Non non je ne connais pas de nouveau TPB (mutilé de guerre) au VietNam, car cela fait 36 ans que le pays est en ‘‘paix’’ et qu’il n’y a pas plus de mutilé de guerre. Dans ce nouveau pays occupé, il n’y a plus de mutilé, non mossieu, on meurt ! On meurt de maladies, de manque de soins, de faim, de sous-nutrition, ou d’abandon…

Dans ce pays ‘‘indépendant, bienheureux et confortable’’, on peut aussi mourir d’accidents de la circulation, surtout si on déplait aux Autorités… Mais bon, cela n’est pas forcément un mal (si les bourreaux s’assassinent entre eux, cela fera toujours quelques bourreaux en moins)

Revenons plutôt à notre ‘‘nouveau’’ protégé. Né en 1949 il servait dans le 3e bataillon de la 25e division d’Infanterie (celui dont l’emblème est un éclair). Un jour de Mai 1968, en opération, il eut la malchance de marcher sur autre chose qu’une bouse de vache. Résultats : Abdomen crevé, côtes cassées et YEUX perdus à jamais.

Après la convalescence douloureuse, au lieu de toucher une pension de réformé, il apprit le métier d’opérateur de rayons X et officiait à l’hôpital Cho’-Quan de Saigon. Malgré l’absence de la vue !

Puis vint le 30 Avril 1975 fatidique. Les envahisseurs venus du Nord prirent le VietNam du Sud et envoyèrent tous les défenseurs du Sud dans des camps de concentration (Ces camps appelés ironiquement camps de ré-éducation). Grâce à sa cécité, notre mutilé de guerre échappa aux camps mais les ‘‘valeureux vainqueurs’’ le virèrent de son boulot et de chez lui. Un bonheur n’arrivant jamais seul, sa femme et sa fille le quittèrent pour de meilleurs horizons (Nul ne peut reprocher à cette grel… pardon à cette femme de quitter l’Enfer rouge pour la Terre hospitalière des Etats-zunis)

Depuis ? Bourré de maladies diverses et avec les yeux manquants, notre ancien soldat traînanit sa misérable vie à travers les rues de Saigon. Pour subsister notre mutilé vendait des vé sô, des billets de loterie qui étaient une sorte de mendicité déguisée. Mlagré ses handicaps, il y avait quand même des ‘‘voyous’’ (je reste poli) pour lui voler ou ses billets ou sa maigre bourse.

Alors ? Depuis il survit dans deux mètres carrés d’une terrasse située tout en haut d’une HLM délabrée du quartier 5. Et quand il pleut, il s’emmitouffle dans une grande toile en nylon, en attendant que l’eau qui monte jusqu’aux chevilles s’évacue. Pour oublier les cordes de pluie cinglantes et le tonnerre, il prie pour sa fille qu’il n’a jamais vue. Ainsi va la vie… d’un héros qui avait reçu quelques médailles.


8e ONE MAN CHAU – 22 janvier 2012

Bilan de notre 7ème ONE MAN CHAU

D’abord Bonne année du Chat !! Miaou Miaou Miaou !

« Eh toi, Veux-tu te sauver ! MAAAOU !!! »

Heu , excusez, c’est le chaton du fiston qui croit pouvoir partager ma soupe chinoise aux crevettes épicées relevée au gingembre, avec un soupçon de sauce de poisson ! Non mais ! OOh ! On n’a pas fait  Mai 68 ensemble, hein !

Bon, revenons à nos moutons, ou plutôt à notre dernier Show : Rapidement, avec votre sympathique participation, vous méritez que je vous colle les chiffres suivants sous le nez. Prêts ? C’est parti , mes amis !!!

AAAh non, je ne vais pas revenir sur les prouesses des uns et des autres, donc je ne vais pas vous parler des douze costumes de Christine, des trente tuiles cassées sur scène, des danses endiablées de Marc Adage, de Virginie ou de David, ou des 14 789 coups de baguettes assenées sur la batterie de Serge. Je ne vais pas non plus vous parler des 108 gâteaux confectionnés avec amour par des bénévoles ou des 16 bouteilles de bulles ouvertes ce jour-là.

NON ! je vais faire court : Déjà, grâce à vous , à votre talent, à votre disponibilité :

- 27 mutilés de guerre, des laissés pour compte, ont reçu de quoi tenir pendant 1 mois !

- 25 femmes très âgées (la plus jeune ayant l’âge de la maman de Betty) auront de quoi manger pendant 8 jours (16 si elles se rationnent, et 7 si elles partagent avec leurs compagnes d’infortune  )

Et ce n’est pas terminé,  d’autres opérations humanitaires sont en cours…

Nous avons des étudiantes qui attendent une petite tenue comme il faut pour pouvoir aller aux cours, des enfants en attente d’un petit jouet, des malades qui agonisent, des laissés pour compte qui trainent leurs fesses sur les trottoirs (c’est dû à l’absence de jambes …)

Car les personnes que nous aidons représentent pour le moment 0,0000001% des personnes nécessiteuses. Alors que les  ‘‘camarades rouges’’ qui sont au pouvoir depuis 36 ans ont des patrimoines qui dépassent des millions de dollars. Certains ont même des comptes de plusieurs milliards de dollars. Tenez, je vais fermer les yeux quelques instants et rêver que les derniers évènements de Tunisie arrivent au Viêt-Nam… Et pourquoi pas ?

Allons, revenons à nos moutons : Ne laissez pas votre générosité s’arrêter à la sortie du OMC. Si chacun s’inscrit comme membre ou ne donne que la modique somme de 25 euros par an, cela nous permettrait de continuer nos actions. Ici, 25 euros c’est un repas au restaurant, 2 places de cinéma, un plein de moto 125, un livre de Sarkozizi, la moitié d’une œuvre de Laurence Lê Châu, un couvercle de toilette style Marcel Proutte, ou un bouquet de roses offert par Quasimodo à sa dulcinée (elle est Tây Son, cette dernière)

Alors que là-bas, 25 euros c’est : soit 1 mois de vivres pour une petite famille, soit 3 mois de scolarité pour un enfant, soit un mois de médicaments pour un souffreteux, soit 25 bols de soupe, soit 1 vélo pour un écolier, ou soit le quart du prix d’une ‘‘sortie’’ pour un ‘‘camarade rouge fortuné’’…

Alors, mettez la main vers la gauche de votre poitrine, là où se trouve votre Cœur (et votre porte feuille). Nous acceptons dons en espèces, dons en chèque, dons en objets , dons en jouets (pas volumineux) ou tout simplement, dons en ‘‘sourires’’…

One Man Châu – 23 janvier 2011

Dimanche 12 août 2007, Rencontre avec un mutilé de guerre

C’était une belle journée du mois d’août, mon voyage au Vietnam allait s’achever, et nous avions décidés de passer une journée à la campagne, de visiter une pagode en haut d’une montagne et d’en profiter pour visiter un TPB (mutilé de guerre) qui se trouvait dans cette réunion située à 3 h de route de Saigon. Un certain Mr Duyêt ! Un TPB parmi tant d’autres ! et pourtant nous avions décidés de le rencontrer et de lui remettre «généreusement » 30 euros au nom de Tây Son Espoir.
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Les 2 bourses

Les esprits mal intentionnés vont croire que ce petit article va vous parler des cette paire de choses qui sont chères aux hommes et qui plaisent aux femmes… Non ?
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Histoire d’une aile brisée

1975, il vient d’avoir 27 ans et vient d’être nommé capitaine dans les parachutistes sud-Vietnamiens

Chef d’une compagnie de  ‘‘recon’’ (les recons sautent en plein territoire ennemi pour préparer une attaque ou une contre-offensive) il a rarement l’occasion de rentrer à Saigon pour revoir celle qu’il aime. Continuer à lire Histoire d’une aile brisée

La jument ailée

Vous connaissez peut-être Pégase, le cheval volant ? Mais connaissez-vous l’authentique histoire de la jument ailée vietnamienne ? Non ? Ecoutez… Mais chut ! Il ne faut pas la raconter à tout le monde ! Continuer à lire La jument ailée

Mon père est un traître… (ou fils de vaincu)

J’avais à peine deux ans quand les gens du Nord venaient s’installer chez nous. Ils avaient de drôles d’uniformes vert olive et portaient des casques dits coloniaux. Je vis alors mon père pleurer pour la première fois… et depuis il pleurait souvent, comme cette fois où il nous tenait dans les bras, ma mère et moi pour nous dire adieu. Il partit pour un camp de ‘‘rééducation’’. Continuer à lire Mon père est un traître… (ou fils de vaincu)

Etre fort … avec tes poings

Mon père m’inscrivit dans une école d’arts martiaux qu’il connaissait bien (Malgré les lamentations de ma mère qui tenait à l’étanchéité de mon épiderme). C’est là que je commençais à souffrir. Je ne sais pas si on peut parler de bizutage, d’entraînement à la dure, ou tout simplement de sadisme de la part des autres pratiquants qui étaient tous plus âgés –et plus grands- que moi. Continuer à lire Etre fort … avec tes poings