Non non je ne connais pas de nouveau TPB (mutilé de guerre) au VietNam, car cela fait 36 ans que le pays est en ‘‘paix’’ et qu’il n’y a pas plus de mutilé de guerre. Dans ce nouveau pays occupé, il n’y a plus de mutilé, non mossieu, on meurt ! On meurt de maladies, de manque de soins, de faim, de sous-nutrition, ou d’abandon…
Dans ce pays ‘‘indépendant, bienheureux et confortable’’, on peut aussi mourir d’accidents de la circulation, surtout si on déplait aux Autorités… Mais bon, cela n’est pas forcément un mal (si les bourreaux s’assassinent entre eux, cela fera toujours quelques bourreaux en moins)
Revenons plutôt à notre ‘‘nouveau’’ protégé. Né en 1949 il servait dans le 3e bataillon de la 25e division d’Infanterie (celui dont l’emblème est un éclair). Un jour de Mai 1968, en opération, il eut la malchance de marcher sur autre chose qu’une bouse de vache. Résultats : Abdomen crevé, côtes cassées et YEUX perdus à jamais.
Après la convalescence douloureuse, au lieu de toucher une pension de réformé, il apprit le métier d’opérateur de rayons X et officiait à l’hôpital Cho’-Quan de Saigon. Malgré l’absence de la vue !
Puis vint le 30 Avril 1975 fatidique. Les envahisseurs venus du Nord prirent le VietNam du Sud et envoyèrent tous les défenseurs du Sud dans des camps de concentration (Ces camps appelés ironiquement camps de ré-éducation). Grâce à sa cécité, notre mutilé de guerre échappa aux camps mais les ‘‘valeureux vainqueurs’’ le virèrent de son boulot et de chez lui. Un bonheur n’arrivant jamais seul, sa femme et sa fille le quittèrent pour de meilleurs horizons (Nul ne peut reprocher à cette grel… pardon à cette femme de quitter l’Enfer rouge pour la Terre hospitalière des Etats-zunis)
Depuis ? Bourré de maladies diverses et avec les yeux manquants, notre ancien soldat traînanit sa misérable vie à travers les rues de Saigon. Pour subsister notre mutilé vendait des vé sô, des billets de loterie qui étaient une sorte de mendicité déguisée. Mlagré ses handicaps, il y avait quand même des ‘‘voyous’’ (je reste poli) pour lui voler ou ses billets ou sa maigre bourse.
Alors ? Depuis il survit dans deux mètres carrés d’une terrasse située tout en haut d’une HLM délabrée du quartier 5. Et quand il pleut, il s’emmitouffle dans une grande toile en nylon, en attendant que l’eau qui monte jusqu’aux chevilles s’évacue. Pour oublier les cordes de pluie cinglantes et le tonnerre, il prie pour sa fille qu’il n’a jamais vue. Ainsi va la vie… d’un héros qui avait reçu quelques médailles.





